Le trésor
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La raison, prudente, me dicte
De bien faire la part des choses,
Entre ce qui dépend de moi,
Ce qui ne dépend pas de moi.
Pour prévenir tous ces déboires,
Qui ne laissent d'échappatoire,
Aux conduites fort imprudentes,
Du détachement, ignorantes !
Oser enfin, le lâcher prise,
D'une conscience insoumise
Sans virer, dans l'égocentrisme,
L'égoïsme et le fatalisme.
Puis éclairer son jugement,
Pour vivre toujours dignement
Dans la joie, le respect de soi,
Le respect de cet autre moi.
Krystel. M
Être posé là, sans expliquer pourquoi.
Ne rien attendre de particulier, être le réceptacle de tout ce qui vient.
La conscience devient brumeuse, cotonneuse.
Le cliquetis de l'aiguille de la pendule martèle son message, à l'infini, produit l'écho du temps qui passe : Je passe, tu passes ! Je passe, tu passes...
Ce refuge où il fait bon se poser, loin de la cacophonie du monde, est une ressource vivifiante pour revenir plus fort dans cette vie fragile.
Une porte claque, un soubresaut secoue le sol, comme un rappel à l'ordre de la réalité, qui décharge sa missive dans chaque atome de ce corps paisible, faisant reculer les sournoises tendances narcissiques.
Le calme s'est imposé et circule librement en signe d'apaisement.
Krystel. M
Voir le verre à moitié plein où à moitié vide,
Est une proposition un peu candide
À bien y réfléchir.
Marcus, lui a bu son verre avant son divorce
Cataclysme qui lui a fait perdre sa force
Sans le faire fléchir.
Grâce à sa fille Adéle il a gardé le cap
Apprit à vivre avec ce nouvel handicap
Un dur quotidien, ou
Face à l'adversité, l'optimisme est de mise
Pour ne pas que, le laisser aller n'ait de prise,
Résister avant tout.
Il explore ses limites, celles d'autrui
Se focaliser sur l'essentiel, pour lui
Devient une évidence.
Quand il rencontre des obstacles, la raison
Triomphe nécessairement des passions
Recherche l'exigence.
Il assume ses obligations de père,
Enchante l'existence d'Adèle et espère
Être plus exemplaire
Dans ses paroles, dans ses actes, démontrer
Que l'homme s'adapte puis cherche à progresser
Sans pensées mortifères.
Lorsque vous croyez qu'il est en difficulté,
Avant d'attraper de son fauteuil, les poignées
Demandez: Besoin d'aide ?
De la pitié, cet handicapé n'a que faire
Montrer notre sincère intérêt, il préfère
Rend possible l'entraide.
Krystel. M
Vision frappante, lumières violentes
Amalgame de chair de métal écrasés !
Fraction de seconde
Où versent des vies sous une nuée ardente
De traumatismes, de souffrance fulgurée
Pulvérisant un monde.
Les fractures du corps et de l'esprit blessés
Consolident avec le temps, très lentement
Pour certaines victimes
Au prix de volonté, d'efforts souvent passés
À se battre contre la douleur, retardant
Les avancées ultimes.
Si les responsables de cette délinquance
Férus de vitesse et de ces courses urbaines,
Ivres d'adrénaline
Avaient conscience des sombres conséquences,
Des drames où mènent leurs jeux anxiogènes
Ils rendraient leur Alpine.
Krystel. M
Au pays de George Sand,
Nom d'emprunt d'une légende,
Se cache un nid douillet, né,
De l'amour passionné,
De terres restées natures,
Dans leur écrin de verdure,
Et d'un homme courageux,
Qui, lui, rêvait d'autres cieux !
Cette volonté tenace,
Transforme ce bel espace,
Tel le Jardin des Délices.
La belle dame du Lys,
Illumine sa demeure,
De tendresse, de douceur.
Ils partagent leur hiver,
Vivant cette nouvelle ère,
Du temps béni du repos,
Où l'on passe le flambeau !
Les doutes sont du passé,
Le présent est consacré,
À aimer une existence,
Construite avec patience
Krystel. M
Vique Noirie version 2
CHAPITRE PREMIER
Le clochet de l'église sonne allègrement le glas de la fin de la tranquillité pour Vique, un regard appuyé vers la pendule en fer forgé lui confirme l'heure : huit heures, que le temps passe vite songea-a-t-elle ! Je dois m'activer si je ne veux pas arriver en retard à mon poste.
Sa nuque se raidit, le stress commence à l'envahir, le son aigu d'une scie circulaire agresse son ouïe très développé. Qui peut donc, de si bon matin contrevenir aux règles élémentaires du "vivre ensemble"? L'inconséquence de certains individus l'étonnera toujours ! Agacée, elle ouvre avec vivacité une porte de la bibliothèque en merisier massif et se met en quête de la "lettre municipale", elle fronce les sourcils, s'applique à chercher méthodiquement dans quel dossier la missive a pu être rangée. Son obstination fini par porter ses fruits, le précieux document est passé au peigne fin, le doigt nerveux de la plantureuse quadragénaire s'immobilise à la page "bien vivre ensemble" rubrique : pollution sonore, elle laisse échapper un soupir d'exaspération. - Vraiment, de qui se moque-t-on ? Fébrile, elle s'enquiert de la fermeture des portes attenantes à la coquette terrasse et s'empare de son sac à main en tissu bleu Liu. Jo, son sac à repas, et son sac à nécessaire de toilette, cette multitude de bagages rassurait Vique, chaque chose avait sa place et c'était bien ainsi.
Les tropéziennes chaussées, la serrure verrouillée, Vique s'élance à la recherche du fauteur de troubles, bien décidée à lui exprimer son mécontentement... Sur le trottoir, en face de chez elle, se dresse les murs robustes de maisons anciennes au charme désuet, un agent municipal tout de vert vêtu, un casque antibruit vissé sur les oreilles s'affaire mollement à débroussailler les mauvaises herbes avec une débroussailleuse thermique. Vique en est à se demander la raison du choix de l'heure pour réaliser des travaux d'entretien aussi bruyants, quand elle parcourt les quelques mètres qui la sépare de l'agent.
Celui-ci, absorbé par sa besogne, ne semble pas avoir le moindre soupçon de l'animosité que son activité inspire. Exaspérée, Vique prend son courage à deux mains pour tapoter poliment son épaule.

La gare ressemble à un décor de cinéma abandonné, il faut traverser les rails pour rejoindre les quais. De vieux bâtiments aux façades lugubres font face à un minuscule abri équipé d'un unique banc. La gare, une vieille bâtisse aux peintures défraichies est déserte. Pas un bruit en cette fin d'après-midi d'hiver, je frissonne, des larmes coulent sur mes joues, cet endroit me fait trembler d'effroi.
Je ressens toute ta détresse, ta solitude, ce vide immense qui envahi tout ton être, je te parle comme si tu pouvais m'entendre : " comme tu devais souffrir, pauvre petit ange pour venir mourir dans pareil endroit ! " Pourquoi ? comment ? tant de questions qui resteront sans réponse....
Ton décès m'a révolté, on ne peut pas mourir à ton âge, tu avais toute la vie devant toi, ta souffrance était telle, que tu as décidé d'y mettre un terme ! Ce jour là, à mon travail je venais de m'installer pour me restaurer, un message de ta mère attira mon attention, je relisais, plusieurs fois, sans le comprendre ce message laconique : J'ai perdu ma fille.
J'allais recracher la bouchée de nourriture que je n'arrivais plus à avaler et essayaie de demander à ta mère : j'ai peur de ne pas bien comprendre ton message ? Sa réponse me glaça les sangs : elle est décédée. Je répétais bêtement la réponse comme pour en chercher le sens. J'étais affalé au dessus de mon assiette et mon cerveau tournait en boucle l'information, tentant de la rejeter, ta mère avait rajouté c'est un suicide ! Je ne pouvais pas retenir le flot de larmes, la sonnerie de mon portable m'arracha à l'onde de choc, il me signalait la fin de ma pause. Je devais reprendre mes esprits avant de reprendre mon service, je jetais mon repas intact mes mains tremblaient mais pas moyen d'interrompre cette crise de larmes. Je remettais mon masque en place et retournais dans mon unité.
Mes collègues comprirent qu'il y avait un problème, quand je leurs annoncé ton décès elles blêmirent, elles te connaissaient elles aussi puisque nous t'avions soigner après une énième ponction de ta tumeur. Courageuse battante que tu étais depuis ta naissance, tu avais 10 semaines quand les médecins découvrir ta tumeur au cerveau, ils donnaient pas chère de ta peau et pensaient que tu ne survivrais pas, c'était sans compter sur l'amour de tes parents qui partirent à Paris pour de multiples voyages chez les neurologues les plus réputés pour te soigner, tu as passé ta vie dans les hôpitaux avec ta famille pour faire mentir le corps médical.
La première fois que je t'ai rencontré tu avais une dizaine d'années, j'accompagnais mes enfants à l'école du village, tu étais dans le hall, assise par terre,seule, le visage triste. Je demandais à ma fille qui avait ton age de bien vouloir avoir la gentillesse de s’enquérir du pourquoi de ta tristesse et d'essayer de te consoler, ce qu'elle fit et vous voilà devenues bonnes copines, avec le temps vous vous êtes éloignées mais grâce aux réseaux toujours en contact!
Comment lui annoncer cette terrible nouvelle? Je ne sais pas, mais je me précipite chez elle après mon travail, son ami nous accueille et voit qu'il se passe quelque chose de grave, en attentant ma fille il s'affaire pour ranger ses courses et nous raconte à son père et moi: Une collègue ce matin est arrivée en retard au boulot car une jeune fille du coin est passée sous un train. Je vacillais, je venais de comprendre comment elle avait mis fin à ses jours. D'une voix blanche j'expliquais : C'est pour cette raison que nous sommes venus, la jeune fille c'est Julie la copine de Maelle, sa mère m'a annoncé son décès ce matin.
Ma fille enfin arriva elle tomba dans mes bras en sanglotant : Oh maman c’est horrible, je n’arrête pas d'avoir l'image dans ma tête, pourquoi elle a fait un truc aussi violent? Je ne sais pas ma chérie, peut-être parce qu'elle souffrais trop! Dis- toi que tu as fais partie des personnes qui lui ont fait du bien, que tu n'y es pour rien, que tu n'as rien à te reprocher.
Alors pourquoi cette culpabilité? Parce que la mort d'un enfant est un échec collectif, parents, famille, amis, société avons loupé notre mission de protection du plus fragile.
😎Complètement absurde de vouloir se convaincre qu'une réalité n'est qu'une fiction,aussi dérangeante soit-elle.
Le monde est en passe de changer sa physionomie, les humains comme les fourmis de Werber; en société hyperconnectée, se constituent une interface froide, insensible qui dirige leurs actions.
À quel moment s'arrête-t'on pour examiner ce qu'il se passe dans notre monde intérieur, certes si on le fait c'est effrayant, suivre le tourbillon de nos pensées sans se laisser embarquer à ruminer sur les élucubrations de notre égo demande des efforts considérables.
Seul le souffle, ce fluide vital permet de calmer le mental, de revenir à l'essentiel comme quand nous étions dans le ventre de notre mère, rassurés par la matrice chaude nous entendions chacune de ses cellules respirer; Inspire, expire, si elle ne respire plus, il n'y a plus de vie.
Alors tant qu'il y a du souffle il y a de la vie😊
Nous sommes suspendus à cette vie, sans liberté d'action ,entravés par ce manque de souffle qui nous permet d'accepter un conformisme avéré, de survivre dans une société à la démocratie autoritariste, plus préoccupée par son image que la souffrance de son peuple.
Notre cerveau fonctionne comme dans du coton, anesthésié par différents inhibiteurs, nos membres articulent notre rythme de croisière mais notre coeur s'asphyxie, manquant d'oxygène, nos émotions deviennent froides et notre âme peu à peu se meurt, ne voit plus, n'entend plus, ne ressent plus....
En cette fin d'année, n'oublions pas de revenir à notre respiration en ressentant simplement notre souffle qui nous relie à la vie et à autrui 🍃
Que cette lettre traverse les étendues qui nous séparent, pour que tu saches, que je suis fidèle à ta mémoire, même quarante-quatre ans plus tard.
La princesse de ton désert qui t'aime vaillamment et sans bruit.
En ce froid matin de mars, je traverse le parc comme je vais traverser ta vie.
Sans me retourner, d'un pas décidé...
J'affronte le vent glacial, je sais que je viens déposer un éternel hiver au fond de nos coeurs brûlants, de mon sang.
Pas d'espoir d'en voir un jour la fin, car figé pour l'éternité, dans cette cruelle réalité, qui dessert les hommes désenchantés.
Tu es si jolie, dans tes langes d'un blanc éclatant, petit bourgeon fragile, dissimulé dans la nacelle sombre de ton landau.
Tu me fixes de tes magnifiques yeux bleus, pailletés d'or, une petite mèche brune s'est échappée sur ton front rosé, tes lèvres s'entrouvent, comme pour murmurer mon nom.
Mon coeur exulte de joie, ivre d'amour, rien ne m'avait préparé à éprouver pareille émotion ! je me sens submergé par une lame de chaleur qui inonde tout mon être, comme une journée ardente dans mes lointaines montagnes.
Timidement, mes mains basanées te saisissent délicatement, telle une frêle fleur des champs cueillie à la rosée.
Mes bras puissants se font berceau de dentelles pour accueillir mon petit ange.
Je perçois la force vive de ton âme qui s'insinue dans mon esprit, le liant pour toujours dans son amour infini ! à cet instant, toutes les beautés de la terre me sont dévoilées :
Le soleil à son zénith, flamboiera de mille feux puissants, inondant de ses rayons les contrées inaccessibles, que nos pas fouleront dans de glorieuses épopées.
Les étoiles, au firmament, veilleront avec bienfaisance sur nos liens éternels, transcenderont notre lumière intérieure, pour nous rendre meilleur, avec la création du seigneur et ses créatures...
L'heure terrible du départ a sonné ton pauvre père, de son gong austère, elle déchire en lambeaux mes illusions, mes chimères, chacun de ses coups précipite mon calvaire.
Je ne peux me résoudre à t'abandonner, avec tout cet amour à partager, pourquoi s'éloigner ?
Parfois, AIMER, c'est aussi accepter de S'EFFACER...
Ton regard brûlant me transperce, tu ressens ma torture, ma détresse; Dieu m'est témoin, et je l'implore : Par pitié, arrachez-moi le coeur, mais pas mon enfant.
Ma mâchoire se crispe de douleur, je dois rester digne dans ta mémoire, pris de vertige, je te confie à celle qui t'a donné la vie.
Pour me donner du courage, tu m'adresses un sourire merveilleux, je dépose un dernier baiser de miel sur le velours de ta joue et te quittes.
Le destin en a ainsi décidé, il a scellé mon sort, moi l'étranger, je m'en remets à mon désert, avec l'espérance qu'à la fin des temps, mon oasis enchantée, fêtera nos retrouvailles dans l'immencité des cieux.
A DIEU